On ne présente plus les Ecrins. Et si on devait le faire, on ne saurait vraiment pas par quel bout les prendre. Entre les vallées du Champsaur, du Valgaudemar (peut-être notre favorite), de la Valouise et de l’Oisans, le long du Drac, de la Durance, sous le regard sévère de massifs s’élevant au-delà de 4000m, tels que le Dôme et la Barre des Ecrins, ou effleurant cette altitude: Le Pelvoux, la Meije ou l’Ailefroide, c’est probablement, à tort ou à raison, le massif montagneux exerçant la plus forte attraction à l’échelle des Alpes Françaises.

Cela s’explique en partie par la beauté spectaculaire de ses chaînes de montagnes et de ses plateaux d’altitude, mais le prestige inentamé dont jouissent les Ecrins dans l’imaginaire collectif se confond très largement avec l’histoire de l’Alpinisme: En effet, avant que les premiers grimpeurs ne se frottent à ses sommets acérés, ce massif, alors connu comme le Pelvoux, était très mal connu des cartographes. Il fallu attendre 1848 (Durand, vainqueur du Pelvoux) puis 1880 pour qu’un certain consensus émerge avec Duhamel et Coolidge autour de l’emploi de « Haut-Dauphiné » pour désigner ce massif.

Son ampleur n’apparut que peu à peu aux cartographes et forts de cette connaissance nouvelle des sommets, après une série de baptêmes concernant cols et cimes, ce n’est qu’en 1973 que fut créé le parc national des Ecrins.

Ainsi, dix-ans après l’inauguration du parc de la Vanoise, Les Ecrins firent leur apparition sur les cartes IGN, non sans confusion comme le relate l’ouvrage de Samivel: « Le Grand Oisans sauvage ». La Bérarde devint le temple de l’alpinisme, juste derrière Chamonix, et l’attrait de ces hautes chaînes où se côtoient marcheurs, grimpeurs et éleveurs de moutons, ne s’est encore jamais démenti jusqu’à aujourd’hui.

Un artiste comme Samivel, d’extraction Parisienne, démontre que les montagnards d’adoption sont parfois les plus zélés à défendre leur « pays de coeur ». Cet aquarelliste, aujourd’hui un peu oublié, s’opposa férocement à la griffure du progrès, dans son canton des Contamines-Monjoie, jusqu’à ce que le bitume rattrape ces versants naturels et chassent l’illustrateur de sa propre maison…

Revenons toutefois à nos moutons et montonons un peu: Ici, dans les rivières de lait coulant du lac d’Arsine (par le torrent du petit Tabuc), nous avons passé une journée délicieuse sous la bienveillante montagne des Agneaux…

Au lac de la Muzelle, le vent était puissant et, sous la pierre percée, nous nous sommes reposé, couchés dans les hautes herbes, jusqu’à percevoir les clochettes du Berger

J’ai une tendresse particulière pour la vallée du Vénéon. C’est l’équilibre parfait d’une minéralité sans bornes et d’un alpage soyeux, tapi de fleurs sauvages. En route pour le Refuge de Temple-Ecrins, nous rencontrons des chèvres, une nuée de sauterelles et une Dame Isabelle devant « qui » je tire ma révérence.

Sur le plateau solitaire d’Emparis, nous retrouvons ces belles fleurs de juin, poussant jusqu’à juillet, et cet espace de savane infinie n’a pas usurpé sa réputation, d’autant qu’il est à la Meije ce que les Aiguilles Rouges sont au Mont Blanc.

Petite escapade sur la Tête de la Maye, dont voici l’Orient. Ce fut l’un des plus beau sommet (rapidement accessible quoiqu’un peu technique) qu’il me fut donné de voir cette année 2017

Le déversoir du Glacier Blanc s’observe à partir du sentier éponyme, au-dessus du Pré de Madame Carle. Hélas, l’inexorable recul du glacier interpelle. Celui du Glacier noir, vu dans le reflet du lac Tuckett, est encore plus probant; il n’en reste que roches sombres, ravins et moraine.

Jolie chute sans nom comme il y en a tant, dans la descente du Lauvitel

Pozzines en marge du Goléon (on devine en fond les glaciers de la Girose et du Rateau)

Meije- me suis-je déjà fait la réflexion suivante? Plus je vais en montagne et moins je la connais. Puisque le nombre de ses facettes est infini et qu’il faut s’y rendre très souvent pour s’en apercevoir, l’axiome est à la fois indubitable et impossible.

Le Pelvoux en fond, le Glacier Blanc à bout de visière, plus loin encore le Refuge des Ecrins

Le Lauvitel est l’un des plus beaux lacs des Ecrins, encore qu’il soit peut-être légèrement surcôté (quoique pas autant que l’Eychauda). Et pour cause, entre le lac de Crupilouse, la Muzelle, le Petarel (quel bijou), la concurrence est rude.


Couleurs d’automne au col du Lautaret, dans cet espace incontournable pour les babas de la Clarée

La Vallée du Vénéon, comme je l’aime, avec ses lignes douces.

Miniature de l’Oisans, au-dessus de La Grave. Plusieurs lacs d’Emparis mériteraient certainement de concourir au titre de plus beau lac des Ecrins mais présentement, j’ai oublié leur nom.

Vue lointaine sur la Barre des Ecrins, à partir du col des Muandes

Sources de la Romanche en amont de Vilar d’Arène: C’est ici que le GR34 s’adoucit, et s’alanguit un peu.

La Meije servie sur un plateau d’Emparis, lors de ma première visite

Plateau au front plissé, qui penche dangereusement…

Au Grand Lac, de grandes visions…

La Guisane avant qu’elle ne se jette dans la Durance, à Briançon, s’impatiente un peu.

Les steppes d’Emparis pourraient lui valoir le surnom de « Petite Mongolie » si-il n’était pris par le Cézalier

Petite chute de la Muzelle

Pic Est de Combeynot

Col d’Arsine: Un lieu particulier. N’ayant que peu de goût pour le lac D’Arsine, en dépit de son indéniable originalité, c’est en contrebas qu’avec Najate, nous sommes venus clapoter dans les eaux claires de ce petit lac sans nom

La foi des hauteurs nous rattrape dans la douleur…

Vénéon, nous te vénérons… Ave Néon!

Vue aérienne du Galibier, à la limite Ecrins-Cerces

Rivière de lait et terre de miel

Tenue de camouflage

Savane, neiges et chalet au plus haut col d’Europe accessible en voiture

La tête dans les nuages

Le Miroir des Fétoules par gros temps

La Meije, ou le Doigt de Dieu et le Pic Gaspard, miroitée dans les eaux placides du lac noir. Une montagne faite de calcaire et de gneiss – des roches nobles, dures, très appréciées des grimpeurs.

Éternuement d’eau dévalant le Pic Gaspard

L’environnement très minéral du col du Galibier

Lorsque Emparis m’est apparu…

Doigt de Dieu, Meije orientale et glacier du Rateau

L’orage gronde, le blizzard rôde

Que cherche le marcheur? Il cherche l’abolition du poids, il cherche l’extase du derviche.

A l’approche du refuge des Bans

Mon acolyte du mois de juillet, après une journée très ensoleillée

Gigantisme en Vénéon

Lac Lerié et linaigrettes

La pointe sud des Ecrins – vallée de Serre-Chevalier

Au pied d’une Meije tourmentée

Vers Puy Aillaud en pente douce

Sur les hauteurs de Briançon

L’illustre Glacier Blanc laisse entendre ses craquements douloureux

L’eau de la Muzelle n’a pas son pareil pour sauter les étapes

Le lac du même nom baigne dans un climat de sérénité

Une passerelle pour nulle part

Et ces nuages griffus, à la diable, légers comme des djinns…

La dimension physique existe en randonnée. Certains jours, le corps ne suit pas. Alors le cœur prend le relai.

Déjà presque des airs d’Ubaye, mais encore dans les Ecrins

Les mêmes montagnes un mois après…

Petite cascade entre Monétier-les-Bains et Briançon- dans la vallée de Serre-Chevalier

La route reliant le col du Galibier au Col du Lautaret


Partout la reine Meije étend son empire

Et la rivière serpente vers la Chapelle des Sept Douleurs

Fatigués des écrans, volons vers les Ecrins. Les sauts de la Muzelle nous débarbouillent

Vers le Combeynot et nos très chères Cerces

Panais sauvages dans l’alpage du Vénéon: Domaine de l’aigle royal

Il y a parfois beaucoup à dire, et parfois bien peu

L’automne s’écrit au pinceau

Un archipel de mousse nous pousse à la paresse

Le Laramon dans son écrin rebrousse nos carcasses et repousse nos caresses

Puis la Bérarde, sanctuaire de l’alpinisme

Ouvre ses voies verticales: Bréviaire de l’optimisme

Montée au col de la Muzelle

Regard vers le torrent de Bonne Pierre et la face nord de la Meije

Ecrin-Total : Nuées en contre-jour

Chemin faisant vers la montagne des Agneaux

Autre arrêt au Lautaret

« T’as le nez qui coule »

Le Tabuc fait un tabac

Les Ecrins vus du col de la Ponsonnière

Hiéroglyphes d’eau

Seuls au monde, dans le no mans land

Et on en revient toujours au Vénéon

Le croissant fertile au col du Galibier

Les poules d’altitude gambadent en liberté

Dans la furie des eaux glaciaires

Marcher jusqu’au soir

Petite photo vintage prise de Briançon



Cairn dévotionnel au-dessus de Temple-Ecrins

Expectatives

L’œil écoute, le ciel et les pins froufroutent

« Ton secret c’est ton sang, si tu le donne entièrement, tu meurs. » Proverbe Berbère

Les alluvions du Goléon

Le lac couleur d’orgeat au-dessus du col d’Arsine

Vers le Lauvitel
La Vallée du Vénéon, le Plateau d’Emparis, sont, pesons nos mots, des merveilles de la nature! Sans aucun doute, la région est magnifique. L’oisans mérite plusieurs semaines de randonnées assidues, voire une itinérance prolongée, comme le très fameux tour des Ecrins. Pour autant, certaines étapes du GR54 me semblent manquer d’attrait. J’envisage d’avantage un petit tour du Valgaudemar, pour découvrir le secteur de Vallon-Pierre. Une chose est sûre: Nous reviendrons avec plaisir dans la région. Qu’il s’agisse d’Arsine, du Goléon ou d’Emparis, je n’ai d’ailleurs pu résister au bonheur d’y emmener un ami. Alors, comme on dit, jamais deux sans trois. Le massif des Ecrins reste une valeur sûre!


