
Dans toute réussite, il y a une part de chance et une part de bonne volonté. Nous ne saurions décider quelle part domina l’autre. Quoiqu’il en soit, le plan n’était pas si mal fagoté et l’exécution fut rondement menée. Si on devait refaire le road-trip, honnêtement on ne changerait pas grand chose.
Peut-être un poil plus d’itinérance, une lotion anti sandflies plus efficace (la citronnelle ne porta pas ses fruits hihi), quelques ballades à tenter en dépit du temps, un démarrage à partir de Christchurch. Voilà!

Notre panthéon en Nouvelle-Zélande exclurait l’île du nord, en dépit d’atouts indéniables: Il est clair que l’île de Jade concentre les paysages les plus spectaculaires, les vallées les plus sauvages, les lacs les plus limpides, aussi y consacrer 35 jours contre 10 pour le nord, ne fut pas un si mauvais calcul (séquence autosatisfaction).
En premier, on retiendra les Fiordlands, pour leur luxuriance, leurs incroyables fjords, cascades, jungles et glaciers, sans oublier les lacs. C’est de loin la zone où nous aurions pu passer le plus de temps, d’autant que nous avons laissé de côté la célèbre Kepler Track.

En second, viendraient évidemment les Monts Aspiring. Une claque monumentale! Avec sans doute notre plus belle randonnée du séjour: Le glacier Brewster. Sincèrement, tout semblait merveilleux dans ce secteur situé entre Makarora et Haast. Si un jour nous revenions dans le coin, nous entreprendrions le fameux trek du Gillespie Pass.

Après on retiendrait le Parc Aoraki/Mont Cook (montagnards que nous sommes), tant ses glaciers nous ont émerveillés. Et que dire du lac Pukaki?

Enfin, le parc tardivement découvert du Kahurangi. Nous ne savions pas y avoir mené une première incursion lors de notre ascension épique du Para-Para.

Toutefois ce fut l’ascension du Mont Owen qui nous inspira le plus grand respect.
Pour finir, le parc Abel Tasman: Pour ses plages à marée basse, l’incroyable Wharariki Beach, mais aussi ses forêts et ses grottes. Ce qui ne veut pas dire que Coromandel, Tongariro ou Taranaki ne méritent pas le coup d’œil. C’est juste qu’ils nous ont semblé un peu moins immersifs et moins riches en possibilités…

Ce que nous aimerions faire si un jour nous revenons: Rob Roy Glacier / Roy’s Peak / Avalanche Peak / Temple Basin / Gillespie Pass / Gertrud Saddle / Mount Stokes / Mount Iron / Tarawera Waterfalls / Hooker Hut Valley / Ball Hut / Earnslaw Burn Track / Rees-Dart-Track / Marokopa Falls / Angelus Lake / le Hobitton (snurf) / Lac Clearwater/ Mont-Guy / Mont Sunday

Bon bon, bien-sûr il y a toujours beaucoup de choses à dire ou à redire quand on veut être complet (et Dieu sait qu’on veut l’être). Autour de la gastronomie Kiwi, des campings, des routes ou de la van-life en général. Mais bon. cela reste un excellent moyen de découvrir ce pays, remarquablement organisé pour accueillir les voyageurs…

Tentons d’être objectifs: Voici les avantages du nord: Pas de sandflies, beaucoup de campings gratuits. Inconvénients: La police en embuscade, toujours prête à une course poursuite. Des travaux partout pour refaire les routes. L’île du nord prête globalement d’avantage à un road-trip au sens strict du terme, avec de petites marches ici et là mais surtout de la piste (sable ou graviers). Ses paysages sont doux, verdoyants; un Hobbit ne dédaignerait point d’y élire patrie. Moins grandiose, en dehors des volcans, on y trouve parmi les plus belles routes du pays, selon nous. Certains parcs sont assez difficiles d’accès, comme le Kahurangi au sud, mais pas pour les mêmes raisons. Disons qu’à force de longues distances sur des pistes en graviers, il faut vraiment le vouloir (aucun sommet de renom ne semble justifier une telle durée de trajet). Le coût en kérosène semble parfois trop élevé surtout rapporté à la densité paysagère du sud. Il faut toutefois excepter les cascades qui constituent de très valables objectifs dans cette partie du pays. Il y en a de toute sorte. Nous n’aurons, hélas, pas vu les plages du nord d’Auckland ni le volcan de la White Island. Notre principal regret porte sur le Mont Ngauruhoe qu’il nous aurait été aisé d’enjamber lors de l’Alpine Crossing Track. Mais à parler franchement, le mot « regret » est exagéré!


En revenant sur nos randos-frissons sur l’île du sud, on s’est aperçus que ces deux-là tenaient une place à part: La Mueller Hut, et surtout, la Brewster Hut track. A condition bien-sûr de pousser jusqu’au glacier…

Sur le podium, il y aurait aussi la Hidden Falls Track, découverte par hasard tout au bout de Hollyford road…

Autre souvenir impérissable: L’abominable mont Shrimpton! A réserver aux marcheurs entraînés…

Enfin, le Tongariro Alpine Crossing, pour ses paysages lunaires, ses lacs et ses cratères multicolores, disons pour son feu d’artifice à partir du cratère rouge. Pour le reste, trop fréquenté et d’intérêt inégal.

Ce qu’on peut dire, en dépit des classements subjectifs, c’est que le paysage moyen en Nouvelle-Zélande vous met déjà des étoiles dans les yeux. Par exemple, outre les routes mythiques que sont la Milford Road et la State Highway 80 longeant le lac Pukaki vers le Mont Cook, des routes moins célèbres ont le mérite d’exister. Parmi les plus notables: La State Highway 43, ou Forgotten World Road qui traverse des paysages mémorables (et se distingue comme la seule autoroute du monde à incorporer des portions de routes en graviers). La route 52, reliant Masterton à Dannevirke, nettement moins réputée mais assez fantastique. Mentionnons aussi la superbe highway reliant Roxburgh à Wanaka. Et enfin une gravel road de toute beauté dans le prolongement de la route reliant Bernheim à Picton.


Au rayon bizarreries: Mes ongles de pieds ont arrêté de pousser. / Les panneaux routiers s’expriment en kms et non en Miles. / Les garçons marchent pieds nus en ville, dans les bâtiments officiels et les supermarchés et ont l’air de trouver cela parfaitement normal. / Aux stations service, à peu près une fois sur dix, un mystérieux individu surgit de nulle part pour vous tenir le pistolet à fuel, sans demander son reste ni quoique ce soit en échange. / Il y a plus de toilettes dans ce foutu pays que de puits de pétrole au Qatar. / Grève générale des épavistes: Les carcasses de voitures sont laissées à l’abandon (peut-être dans le cadre d’une campagne contre l’insécurité routière). / Les travailleurs des routes saluent chaque voiture individuellement, avec un zèle prodigieux. A croire qu’il existe un poste dédié pour lever la main toute les 10sec.

On peut dire qu’au fil de ces 45 jours d’expérience de la nature, on aura couvert un très large spectre, entre la petite marche sportive autour d’un lac et l’aventure casse-gueule du genre Para-Para. Pour briser la monotonie de la marche et varier les émotions, nous avons toujours pu compter sur ce pays aux extraordinaires ressources naturelles! Un grand merci au D.O.C pour l’entretien ou le laisser-faire, merci aux quelques sites qui nous ont aidé à choisir nos sorties (séance dédicaces à la fin de la page).

Le spaceship Hunky Dory nous permit de sillonner le pays sans dénoncer notre origine ou nos intentions touristiques, Ce qui n’est pas le cas des Jucy ou autres véhicules de location tape-à-l’œil, donnant à chaque déplacement une dimension publicitaire malsaine. Ces véhicules ostentatoires entachent le paysage aussi cruellement qu’une tâche de sang sur un autel de marbre. On les repère comme ces chewing-gums collés à nos semelles (de vent). De telles fautes de goût augurent de voyages bâclés, vulgaires et fades… Arriva un temps où nous refusions même de stationner à côté d’un Jucy tant leur laideur nous faisait honte (nan, là je rigole).

Quant aux plus belles cascades que nous ayons vu, elles se partagent entre nord et sud. Shine Falls, Waipunga Falls pour le nord. Mclarren et Purakaunui falls pour le sud.


Plus on voyage, plus on aime les oiseaux (et plus on en découvre). Ils sont, en terres Kiwis, un motif d’enchantement: Inoubliable et d’une gaieté contagieuse, d’une puissance musicale rare, le langage des oiseaux vous captive par sa capacité à modifier de fond en comble une atmosphère. Imaginez un grand marché, la Medina de Tanger ou le souk d’Istanbul, où tout le monde se ferait la cour en même temps, dans un brouhaha érotique général. Cela vous donnerait cela. Commençons par le pigeon néozélandais: Aussi gauche qu’il peut être gracieux (à l’arrêt), imposant comme une femme Maorie, dont il a par ailleurs la prestance, il a parfois du mal à se réceptionner et s’emplafonne dans le décor. Le Robin, lui, pèse à peine plus lourd qu’un gland. Il vous scrute, vous ausculte avec une curiosité intriguée, sans manière ni malice: C’est de loin le plus sympa de toute la liste qui va suivre. Le Pukeko toque aux portières de son bec long et pointu, croisement cocasse entre une poule et un dinosaure (ni plus ni moins notre talève sultane), il peut se montrer soulant. Le méliphage Tui, doté d’une petite collerette ravissante, mériterait quant à lui un chapitre entier. C’est un très bel oiseau, élégant, coquet, plutôt grivois, dispendieux en amour. Il vous hypnotise de son chant d’androïde mimétique. Quant au Nestor Kea (bel oiseau lui aussi) il ne pense qu’à mâcher. Le fantail, mon favori, véritable mascotte des sous-bois, essaye sur vous ses charmes et redonde sans trêve ses danses de gala et ses fouettés primesautiers. Quant au Bell Bird, bellement paré de jaune, son chant est très étrange, hypnotique, lancinant, fiévreux. Réveil-matin des arbres, il ne manque jamais une occasion de vous jouer un concerto. Hélas, nous n’aurons pas rencontré le fameux kiwi. Trop bavards sans doute!

J’ai vu qu’il existait des collectionneurs de photos portant leur intérêt sur les toilettes publiques de Nouvelle-Zélande. Cela peut paraître incongru, voire complètement loufoque, mais rien d’étonnant à cela! Il s’agit d’un véritable sujet d’étonnement, si ce n’est d’admiration de la part des voyageurs du monde entier. Même un voyageur Japonais peut se sentir grisé en découvrant ces trésors d’inspiration et l’attention formidable que consacrent les Kiwis à l’hygiène publique, alors qu’ils semblent un peu plus négligents sur d’autres points (quoique très peu à vrai dire).


Impossible de refermer cette page sans parler des Kiwis. Leur légendaire décontraction est la première chose qui frappe. Même par temps de crise (le contexte économique n’est pas reluisant dans le pays), nous n’avons eu affaire qu’à des gens accueillants et sympathiques. Parfois un peu bourrus, ils en viennent vite à plaisanter, et cet état d’esprit porté sur le second degré nous a plu. Il s’agit d’un aspect récurrent de la culture pakeha, un sens de l’humour à toute épreuve associé à un respect sans faille de la nature. Tout pour nous séduire, donc!

Avec du recul, cette destination s’est avérée très commode pour des personnes comme nous qui n’ont pas un goût très prononcé pour l’organisation mais qui préfèrent se balader les semelles cheveux au vent. A la recherche d’une destination cool où randonner en décembre-janvier, notre choix s’est porté sur la Nouvelle-Zélande à peine 2 mois avant notre départ, délai largement suffisant pour la préparation du périple.
Côté pratique
- Location du véhicule
Avec l’assurance tous risques la collecte et la restitution du véhicule se sont faits rapidement et sans aucun contrôle. Concernant la conduite, une grosse semaine a été nécessaire pour ne pas s’emmêler les pinceaux avec le sens inversé, surtout aux croisements. Un conseil garder toujours la ligne blanche côté conducteur.
- Bagages
Inutile de prendre trop de vêtements. 7 jours de vêtements sont largement suffisants car il y a des laundrys dans quasiment tous les campings payants (hors D.O.C) avec des sèches-linge efficaces. Les indispensables du randonneur sont 1 doudoune, 1 polaire, écharpe, paire de gants, casquettes, crème solaire…
- Camping
Le camping sauvage n’est pas toléré, mais heureusement il y a pléthore de campings. Sur les 45 jours, nous avons réserver à l’avance (c’est à dire la veille pour le lendemain) à peine 3 campings. Nous avons toujours trouvé de la place, même en plein cœur de l’été. Nous recommandons l’application gratuite camper-mate qui nous a été d’une grande utilité pour localiser les campings.
- Internet
Nous n’avons pas acheté de puce locale car nos téléphones n’étaient pas compatibles avec la e-sim. Les 10 GO de l’option travel du forfait orange nous ont amplement suffit.
- Paiement
Nous avons pris un forfait travel auprès de notre banque pour 10 euros par mois, pour éviter les commissions. La quasi intégralité de nos paiements ont été faits par CB visa. Par contre, il faut savoir que la majorité des établissements vous prendront une commission de 2 à 3 % environ si vous n’avez pas une carte bancaire locale. Prévoir du cash car dans certaines situations (absence de réseau internet…) il faut payer sur place dans une loyalty box.
- Alimentation
Supermarchés, épiceries, stations service partout et très bien approvisionnés. Il existe de bons restaurants, Indiens, Chinois, Thaïlandais, Italiens et bien-sûr des Snacks. La cuisine locale ne nous a pas beaucoup inspiré.
- Infrastructures
Excellent état général des routes, y compris les Gravel Roads. Nombreux travaux dans le nord et routes parfois fermées pour cause d’éboulis, typhon. Nous n’avons rencontré aucune difficulté sauf pour l’accès au mont Owen (mais un panneau d’information alerte de l’étroitesse de la route).
- Préparation des randos
Essentiellement Via All-trails, nous avons pu nous reposer sur le balisage infaillible. Félicitations au D.O.C pour le nombre de randonnées et la qualité du balisage. Définitivement, la Nouvelle-Zélande est un paradis pour les randonneurs.


