Petite vadrouille hivernale à Saint-Claude avec un vieil ami. Ce coup-ci, nous alternerons découvertes et retrouvailles. Et à ce qu’il semble, on a quand même du pot! Trois semaines qu’il flotte et tout d’un coup ça se lève, pile à notre arrivée. Et la douceur avec ça… Toute la neige au sommet dégouline; mille voiles d’écume scintillent. Croisons les doigts pour que les gorges de l’abîme aient enfin rouvert, je me suis promis de les voir un jour.

Les arbres-araignées font toujours leur petit effet. D’autant qu’ils ne se déparent jamais de leur gaine de mousse. L’ami Mazen débarque pour la première fois dans le Jura et il ne s’attendait pas à une telle panure!


Lever la tête dans cette jungle épaisse et vous apparaîtra la canopée…

Enfin voilà Pissevieille très en beauté! Les Saint-Claudiens y promènent leurs chiens, y admirent les sauts de la Rixouse. Lesquels se dandinent sur trois étages distincts, à cheval sur une hêtraie. Aujourd’hui, l’eau coule à flot.

Ici on ne pourra pas dire que la dame ne pisse pas haut!

Le troisième saut, de loin le plus petit, dévale jusqu’au pont de Roche Blanche où il se jette dans la Bienne…

Le lendemain, sur les hauteurs de Saint-Claude, la brume de l’aube se dévoile

Montée au Chapeau de Gendarme (Saut du lièvre) direction Septmoncel…

Plus haut, c’est avec joie qu’on s’enfonce dans la neige: Un désert virginal nous enveloppe

La chaîne du Mont Blanc s’étire au pied du lac Léman: On s’enfonce jusqu’aux cuisses

Après une incursion sur les plateaux d’altitude, nous redescendons à fleur d’eau dans la vallée du Mont Pourri

La cascade du Moulin (troisième du nom) transperce la roche avant de se jeter sous les roues… du moulin

Et finalement, revoir les Combes me taraudait: Ce lieu magique semble boire la lumière et la purifier


La cascade paraît surgir d’un trou de souris, au milieu d’une jungle

Loin d’être le lieu le plus secret du coin, par contre sans doute l’un des plus magiques…

Le Jura, c’est vraiment super humide, on ne le dira jamais assez: On doit y changer souvent de godasses…

Et que ça dégouline de partout. On retrouve ici la queue de cheval, plus remuante que jamais. D’un peu plus près, elle brumise une kyrielle de particules d’eau.

Petite exclusivité au matin du 25 février: La cascade du moulin (?) qui ne manque pas de panache

La paille fume, on l’a croirait en feu

Le lendemain matin, on émerge tranquillement après une petite soirée crêpes inattendue sur St-Claude.

Direction le moulin de Vulvoz et ses torrents sinueux

On est de bonne humeur, pour ne pas changer…

L’élégante cascade de Vulvoz nous fait face après une brève descente plutôt raide: Elle respire la sérénité


On emprunte une portion du sentier des Chamois vers le belvédère de la Rose Blanche dans l’idée d’explorer un peu le Bief des Pares.

Mais chemin faisant, comment ne pas marquer une halte aux cascades du Flumen, véritablement déchaînées!


Je ne les avais jamais vu comme ça: Elles éructent!

Bientôt nous entamons un hors sentier particulièrement hasardeux sur un sol de vieux lichens filasses. Pas une prise fiable aux alentours, y compris pour les semelles; chaque tronc plie ou casse comme une patte de moineau, la descente nous amuse, mais la nuit point. Il ne faut plus tarder à remonter.

Bref, c’est une cascade plutôt difficile d’accès. On ne lui a pas trouvé de nom. Très heureux toutefois d’avoir fait sa connaissance

Une autre cascade du Bief des Pares s’atteint plus facilement. Nous y étions déjà venus avec Najate. Quelques grottes s’explorent dans les parages, mais c’est glissant…


Pour résumer un séjour plutôt chouette dans l’étonnante douceur de cette fin février. Nous avons pu bénéficier à la fois des pluies soutenues ayant alimenté des semaines durant les superbes chutes de Saint-Claude mais aussi d’un anticyclone très favorable. Pour une première incursion dans le sud-Jura à cette période de l’année, le pari aura été gagnant. On retiendra tout particulièrement la belle et confidentielle cascade de Pissevieille (qui abrite trois sauts):

Il s’agit d’un lieu spécial, très cher à mon coeur. On y ressent une aura silencieuse, le second saut semble abriter un secret, une ambiance chargée de mysticisme. A ne pas confondre avec son homonyme d’Ardèche. Par ailleurs, nous avons beaucoup apprécié ces errances hors sentier du deuxième jour dans la neige profonde, sur les plateaux d’altitude surmontant Saint-Claude, entre les Bouchoux et La Pesse. C’était paumatoire, propice au mirage. Mention spéciale toutefois pour notre crapahut héroïque du troisième jour, juste pour découvrir un pisse-en-l’air modeste, sur le Bief des Pares. La descente fut acrobatique, l’exploration captivante et à mes yeux, le point d’orgue du séjour… En échangeant avec des ouvriers sur le chantier du Trou de l’Abîme, j’ai pu apprendre de source sûre que le parcours des gorges (de l’abîme) allait rouvrir d’ici la fin du printemps. Raison de plus pour y revenir!


Le second saut de Pissevieille: mystérieux, inspirant, aide à guérir la folie des grandeurs.


