Profitons de ce week-end pascal pour explorer le massif du Jura et, en particulier, ses gorges innombrables. L’Ain, le Doubs, la Noailles, la Loue, la Lemme, la Saine, le Lison, la langouette et le Malvaux… autant de petits fleuves ou de rivières fougueuses se frayant une voie entre les tufs calcaires et les canyons de marne. Il est conseillé d’arpenter ces gorges après la pluie, par exemple en mars. Et pour avoir plu! On se souviendra longtemps de ces marches improvisées à fleur d’eau, au milieu des troncs moussus et des tourbillons. Des pertes de l’Ain, des sources de la Loue et du Lison, du bassin des Joyaux, du Creux Billard ou encore de la cascade du Vernaux (et bien d’autres)…

Pour commencer, la plus célèbre, joyau éponyme de la reculée de Baume-les-Messieurs

Puis la Billaude (ou Saut Claude Roy)

Aux Planches-Prés-Arbois, se trouve l’une des plus belles cascade du département: La cascade des Tufs

Autre beauté dans la famille des chutes du Haut-Doubs: La cascade du Verneau.

Premier soir sur place: On sent le potentiel élevé du coin.

Pays montueux du mont Poupet: Le bord des routes nous aspire

L’escargot ne recule jamais

Source du Lison: A peine sortie, elle écume!

La cascade-en-chandelier de Baume-Les-Messieurs (ou cascade des Tufs, troisième du nom) abrite une grotte très pittoresque que nous visiterons le lendemain

Quand les branches aux doigts moussus s’apparentent aux bois du cerf

La rivière Lemme glisse par cette fissure étroite et accouche de l’étonnante cascade de la Billaude

Prise de vue latérale sur la cascade de Baume-les-Messieurs, d’où l’on perçoit le lit en tufs du Dard

Un pêcheur à la mouche semble défier la truite de lui échapper

Encore une chute d’eau qui pourrait s’appeler « le voile de la mariée »

Le Saut Girard dans la vallée du Hérisson

Les pluies abondantes assurent le haut-débit

Nous voici dans la grotte des Sarrazins, où niche un petit lac qui doit être très rafraîchissant en été (si-il y subsiste de l’eau)

Les vasques des Planches-Prés-D’Arbois ne vont pas sans rappeler celles de Sainte-Baume

Source de la Cuisance, dans la reculée des Planches-Près-Arbois

Concrétions calcaires rappelant l’appareil digestif d’un monstre marin (voire tout simplement les Enfers)

Dont voici le canal de déjection… (ceci n’est pas une plaisanterie)

Bon, quittons un instant le Haut-Doubs et retournons-nous en au Jura ordinaire, bien qu’il s’agisse à franchement parler du Jura externe, au pied du Mont poupet

Dont la ferveur chrétienne reste bien visible (surtout par gros temps)

Quant à nous, nous repartons sur un hors-sentier glissant à souhait, au Grand Saut de la Loue

Contrairement aux charmants plateaux en tuf de la Cuisance


… débouchant sur l’une des plus jolies cascades du Jura, la cascade des Tufs (première du nom)

Quant à la plus secrète cascade du Verneau, nous l’avons élu « chute chouchou 2024 » jusqu’à ce qu’une autre la détrône. Il faut dire que le département du Doubs en regorge!

D’une réputation bien supérieure, la source de la Loue s’enorgueillit d’avoir inspiré l’illustre peintre Gustave Courbet, auteur de l’Origine du monde et chef de file du courant réaliste. De belles cascades nous y attendent…

Dont celle-ci… Au saut modeste, mais à l’écrin splendide…

Puis celle-ci, qui se mérite d’avantage… Toujours dans le Haut-Doubs!

Où nous croisons la route d’un autochtone cuirassé

Puis d’une chimère convexe au fond d’une grotte…

Mais vous ai-je parlé des gorges de la Langouette, dans la haute-vallée de la Saine?

Aux cascades, disons, particulières… se jetant du centre-ville des Planches-en-Montagne. A se demander même si cette humble chute n’est pas le centre-ville des Planches-en-Montagne, son cœur palpitant. Toujours est-t-il que son rugissement rauque doit bercer l’heureux occupant de cette maison, élue en 1982: « domicile le plus proche d’une cascade. »

Un mignon petit bassin dont nous apprendrons plus tard qu’il se nomme « creux des joyaux ». Comme ce nom lui va bien, n’est-ce pas? J’aurais pensé la même chose si d’aventure il s’appelait: « croc des joyeux »

Quelquefois, on ne voit plus le chemin… C’est normal après tout, l’Architecte ne nous a rien promis.

Bien que le résultat dépasse toujours nos espérances

Encore un reflet sympa de nos petites chutes photogéniques, sous leur porche arborescent

Quant à ce tunnel, c’est à se demander où il mène…

Combien de temps a duré ce séjour? Trois jours vous dites?

Aux pertes de l’Ain… Ou aux gains du deux… Ou à l’accord parfait du trois.

Enfin, assez parlé… Admirons maintenant la Saine, trois mois à peine avant les J-O.

Puis la grotte de Baume-Les-Messieurs, dont nous fûmes les premiers visiteurs de l’année…

Jura-Sick Park

Ces parois illustrent l’action corrosive des pluies sur le calcaire, dont l’acide étire de fantastiques concrétions.

La cascade serpentine de Baume-les-Messieurs (ou tête de la Méduse) jouit d’une popularité ascendante et d’une indécente accessibilité.

S’agit-il encore d’une cascade?

Le dernier saut du Bief de la Ruine (avec un nom pareil, on comprend qu’elle aille loin) nous a sauté aux yeux

Les anciens avaient-ils tort d’assimiler les grottes aux enfers Plutoniens?

D’étranges apparitions nous effleurent, dont la substance osseuse dégouline sur les murs…

A l’extérieur, nous découvrons, mieux vaut tard que jamais, les cascades du Hérisson.

Dont celle-ci, derrière laquelle se glissent les curieux: Le Saut Girard

Quelques-uns parmi les treize sauts de la cascade de la Bief de la ruine, dans les gorges de Malvaux

Petit saut de vingt mètres au-dessus du Bief de la Ruine, dont l’accès sera réservé aux plus entraînés.

Les douches de Champagne du Haut-Doubs

Le labyrinthe du bois d’érable ou le code crypté d’un insecte mutant

Sous la cascade du Grand Saut

La même d’un peu plus loin…

Là je ne peux m’empêcher de penser aux films d’horreur de la Hammer que je regardais enfant, avec mon père…

Le plafond de la cathédrale, ponctuée par la danse des chauve-souris

Cascade de l’éventail, éclipsée par le Grand Saut, découvert dix minutes plus tôt…

Le Saut Girard en vue « rétro »

Le Grand Saut me rappelle ma jeunesse, quand on m’appelait le « grand sot ».

Les sources du Lison jaillissent d’un trou béant, taillé dans la falaise

Aux premières loges, contemplation du Creux Billard, où la mousse omniprésente rend tout appui aérien.

Derrière nous, un autre creux, marqué d’une croix

L’éventail dévale son escalier et nous hérisse le poil…

Un triangle amoureux, en pleine pêche à la mouche

Une cascade de plus de 350m de long, avec 13 sauts, mérite bien quelques redites

Les particules d’eau forment un anneau hypnotique

Au bout du tunnel, un espoir scabreux

Vasques de la Cuisance

Pour parler crûment, on a essuyé une belle volée de claques

Au risque de paraître givrés, on en redemande…




L’eau a métamorphosé la région depuis plusieurs millions d’années. Les pluies acides infiltrent le calcaire, en exportent la calcite, d’où résultent concrétions, vasques de tufs, marmites et stalactites. A la fin du printemps, on aurait presque l’illusion de pouvoir assister à cela en direct, de voir se répéter le cycle sous nos yeux, avec cet enthousiasme enfantin des « rêveurs » face aux phénomènes naturels. A la faveur d’une météo pluvieuse, nous nous sommes sentis royalement seuls sur ces sentiers boueux et glissant; décidément la période était bien choisie pour découvrir le coin.
Remerciements et salutations: A Jennifer pour son accueil chaleureux et loufoque (puis à sa maman pour ses précieux conseils), à Jean-François, chef aux yeux étoilés du restaurant « Le Bouchon des Radeliers » qui nous a inspiré, d’abord par sa cuisine, puis par sa verve, au Bistrot-Dortoir Le goût des Autres et à sa sympathique patronne (fan de Jean-Pierre Bacri), à notre toute jeune guide dans la grotte de Baume-Les-Messieurs, aux innombrables personnes que nous avons croisé sur notre route et enfin à la chienne Sunna avec qui nous avons partagé notre déjeuner et qui nous a gentiment dévoilé son royaume au milieu des prés, sous le mont Poupet. Ce fut une joie de vous rencontrer!


