Tenerife – Printemps éternel

Tenerife – Printemps éternel
Que nous n’y fassions qu’une simple escale ou que nous lui accordions une visite de circonstance, la plus vaste des Canaries ne semble jamais nous avoir dit son dernier mot. Cette pionnière du tourisme de masse paraît certes parfois dissimuler ses charmes sous une afféterie un peu tapageuse, un farniente ostentatoire, et à parler franchement, une vulgarité rebutante. Si elle dispose, à l’évidence, d’atouts internationalement reconnus (longues plages de sable, côtes à perte de vue, discothèques, casinos…), nous mettrons d’avantage l’accent sur ses beautés secrètes ou, tout du moins, ignorés du public. Car l’île de Tenerife se compose schématiquement d’un sud envahi de plagistes et d’un nord beaucoup plus intimiste, boudé par ces derniers. Terrain d’aventures plus nuancé qu’il n’y paraît, entre landes volcaniques, sentiers côtiers parfois très aériens, Barancos étroits, sans oublier ses forêts primitives de lauriers tortueux (la Laurisilva) propres à cet archipel, Tenerife déploie une multitude d’écosystèmes différents, abritant des micro-climats au nombre de deux-cent! Déjà séduits par cette diversité lors d’un séjour en 2015, cette impression s’est depuis largement confirmée, surtout dans le nord de l’île où trônent les pics escarpés de l’Anaga. Ce dévoilement d’une partie cachée a littéralement retourné nos préjugés et notre appréciation générale de l’archipel, son côté « attrape-touristes » à la réputation surfaite. Nous ne manquons plus une occasion de chanter les louanges de la pointe nord. Pour être clair, beaucoup de choses nous plaisent beaucoup dans l’air de Tenerife: Ses bananeraies, ses contrastes permanents, cette bipolarité entre tourisme de consommation et simplicité de la nature. Il y a aussi bien-sûr la vérité du climat: Le juge de paix nous ayant toujours « rejetés » sur ses côtes, plutôt qu’à Madère que nous aimons tant, reste cet ensoleillement quasi permanent. Dans le parc du Teide, une peinture bleue claire est scotchée au plafond. En somme, c’est la destination parfaite pour ponctuer l’hiver d’une profitable éclaircie. Si les activités de plein air manquent cruellement à l’approche des fêtes de Noël, si les lumières blafardes vous mettent les nerfs en boule, lancez vous comme nous à la découverte des gorges de Masca, de l’Infierno, entreprenez l’ascension du Pico Viejo ou du Teide, point culminant de l’Espagne, accomplissez l’enthousiasmant tour du Faro. Vous nous en direz des nouvelles! Cela vaut le détour! Dépaysement garanti: La végétation ruisselle, avec quantité d’espèces endémiques, telles que le dragonnier, le pin des Canaries ou la Vipérine de Tenerife. Sans oublier le figuier de Barbarie, l’Aloe Vera ainsi qu’une kyrielle de cactées exubérants. Pour ce qui est du mode de vie, il n’est pas difficile d’y trouver son bonheur. Manger à toute heure du jour ou de la nuit, jongler entre deux-cent micro-climats, alterner entre baignades, sites archéologiques, croisières, visite d’église. En ce qui nous concerne, l’exploration de l’île par ses chemins de randonnée nous a paru le moyen le plus simple et le plus direct pour faire connaissance.
Crêtes de la Montana Bianca
L’un des plus beaux points de vue sur l’île: Au belvédère d’El Draguilo
El Batan de Abajo, village perché
Roque Bermejo
Entre les Dragonniers de la côte nord, la pluviométrie se distingue du reste de l’île
Orgues de Barbarie aux dimensions pachydermiques
A gauche, le Roque de Fuera
Playa del Roque de las Bodegas
Le Patron de Tenerife et, accessoirement, le toit d’Espagne: El pico del Teide
Paysage pseudo-Martien lors de l’ascension du Teide
Hameau cramponné aux pentes d’Anaga
La grumeaux du basalte
Illumination au pied du volcan
Dôme crevassé à la Orotava (au loin, le petit nez du Teide)
L’oeil mystique des Guanches s’écarquille dans les cieux
Les « rizières » de Chinamada (Thé, Luzerne…)
Secteur du Pico Del Inglès
Les jambes de la momie
Mais que fait ce type?
Serions-nous Ana-Gaga?
Un pape mitré à San Cristobal de la Laguna
Côte sauvage de Tamadite
Tour du Faro, à l’orée de Roque Bermejo
L’art de la fugue
Retour du marché
Les plantes succulentes sont les plus anciennes à avoir peuplé l’île
Incident nucléaire en cours
La Laurisilva
Vue aérienne de l’Alto de Guaraja
Randonnée côtière vers la playa del Roque
Hameau d’El Batan de Abajo, Parc Rural de l’Anaga
El Roque de Fuera
Pic du Teide (3715m)
Vue sur Tamaimo la blanche
Ma belle-mer me dit toujours…
El Draguilo – Anaga
Petit village tranquille de Roque Bermejo (flanqué de sa plage solitaire)
Fin de journée sur Roque de las Bodegas
A comme Arachnéen, A comme Archaïque, A comme Anarchique, A comme Anaga
Coup d’œil sur l’encaissement pittoresque d’El Batan En définitive, nous referions bien certaines balades mentionnées sur cette page. Tout d’abord parce qu’elles nous sont chères, parce qu’elles rayonnent d’une énergie bienfaisante. Sans doute est-ce lié à la terre, à ses pistes de sable et à cette végétation surabondante tout le long du chemin. On ressent énormément de choses contradictoires, remontant aux origines du peuplement de l’île. Les Guanches nous parlent à l’oreille, ces naufragés qui avaient désappris à bâtir des routes, des maisons, même des pirogues. Au temps des Médicis, de l’invincible Armada, bien après la construction de Notre-Dame ou de Saint-Pierre de Rome, ces pauvres hères infortunés vécurent dans des grottes et régressèrent à un stade quasi simiesque puis cessèrent d’évoluer. Et, en un sens, c’est ce que relate cette étrange végétation, ces maisons qui semblent assaillies par un mystérieux typhus, rongée de l’intérieur par une malédiction venue d’ailleurs. Sans que cela nous semble malsain ou révoltant. L’arrière-pays Tenérife est ainsi.

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