Cevennes – Du Causse Méjean au Mont Aigoual

Cevennes – Du Causse Méjean au Mont Aigoual

C’est le pays où j’allais bambin, quand j’étais blondinet; là où j’ai placé mes premiers coups de pagaie, dans les eaux tumultueuses de la Jonte. Mes parents y allaient grenouiller dans les eaux claires. Nous crapahutions autour du Mont Lozère, où j’ai entendu pour la première fois l’expression « diagonale du vide ». Pour moi, l’existence de cette diagonale fut toujours un enchantement. J’y ai appris qu’un pays pouvait en contenir un autre puis un autre, et que cette petite France dans la France, portée en bandoulière, et qui parfois lui faisait honte, m’inspirait à moi une sorte de fierté teintée de nostalgie. C’est là où, l’été 86, j’avais été heureux. Heureux comme un roi, heureux comme un pape! A la dérive sur le fleuve, enveloppé dans le chant lancinant des cigales, je m’étais laissé prendre. Alors, bien sûr, le Tarn reste un classique des sports d’eau vive, sur le « podium » des gorges françaises, avec l’Ardèche et le Verdon, mais à mes yeux, elles représentent bien plus. Pour moi, à évoquer ses parfums d’aiguilles de pins grillées, ces canyons survolés par d’impérieux vautours, c’est au monde perdu de l’enfance que je le réfère, à la rêverie amère, hypnotique et sucrée du bambin que j’étais, à l’extase sereine d’un baron perché. Je m’en retourne ainsi au pays natal, sur les traces du paradis perdu.

Promeneurs taquins, nous avons mégenré le causse Méjean, en l’affublant de pronoms féminins. « La cosse Méjean », disions-nous! Bande de cossards que nous sommes! Faquins! Mais encore, s’il n’y avait que ça! Il y a aussi le viaduc de Milau, étrange phasme diaphane enjambant deux contrées, prodige de funambule défiant la gravité, puis Florac et son ambiance féline, discrètement lettrée, comme le Manosque de Giono, et ce fameux cosse noir tout gorgé de torpeur et de mille quiétudes où les huguenots prirent le maquis mais encore ces hauts-plateaux désertiques de Lozère, édentés par un blizzard cosmique bien plus lointain que nos lointains ancêtres: L’ermite en quête d’illumination ne saurait trouver meilleure thébaïde, car en terme de vide, l’auteur des Métamorphoses y aurait assurément situé l’antre du Sommeil*. Pour le reste, que de charmantes bourgades, que de maquis parfumés et de causses très légèrement hermaphrodites! Que de soleil! Que de lumière! Entre transhumances et villages troglodytes, le Tarn fut, en cette fin d’été 2015, notre lanterne magique.

Village pâle à fleur de pente, assis sur quelques châtaigners

Belle vallée de la Jonte

« Ca m’est bien Aigual »

La cueillette des songes

Castelbouc, village troglodyte. Population: 0. Le dernier habitant est décédé en 1971

Découverte tardive d’un pithécanthrope

Dans le causse Méjean, la chaleur monte et l’ombre se fait rare

Dans l’oreille de la grotte, Orphée gratte sa lyre et répète quelques notes

Le causse, espace solitaire, pampesque, moins plat qu’il n’y paraît

Tous les villages du coin s’harmonisent à mes souvenirs: Les odeurs de terre brûlée, la stridulation des cigales…

L’île de Pâques d’Occitanie

Causse toujours, tu m’intéresses

Vases de Chine / Vases de Sèvres, sous l’œil fiévreux des vautours

Le pays ancestral

Un escalier pentu (pour homme pressé)

Un escalier plus raisonnable

C’était un temps où je ne prenais aucune photo; je supportais à peine d’être dessus…

Vue du Mont Aigual

Joli chemin tressé dans son fouillis végétal

Vue sur les Cevennes Nord: Douceur de la moyenne montagne…

Souviens-toi du vase de Sèvres

Les gorges vues des balcons du vertige; un sentier aérien et ludique à ne surtout pas louper

Parcours roulant, au-dessus des gorges de la Jonte, les points de vue ruissellent, et on observe de très nombreux vautours

Façades calcaires

Après, il faut bien se détendre

Un meneur de revue (a-t-il le statut d’intermittent du spectacle?)

Le gros vase brut se décrochera-t-il?

Rochers en bataillons, à la mode papous

Des papous plein la tête

Beaux vallons entre Gard et Lozère

Comptons les moutons

Signalement urgent: Un primate localisé sur la commune du Rozier. Je dis bien: urgent!

A certain caillou, on a envie de dire leurs quatre vérités, mais celui-ci avec sa petite touffe, on le serrerait bien dans ses bras (si-il n’avait pas cette tête de gland)

Aigual en espadrilles par 35°

Ah ces petites villes de Lozère, quoi de plus ravissant!

Macaque en fuite, macaque en fuite!

Case noire, case blanche:

La jolie jonte, comme un pays de conte

Bon allez demain promis on se jonte à l’eau. En attendant, où va-t-on dormir?

Bref, bref, quel beau pays! Certes, au mois d’aout, ça cogne; et si un jour nous revenons planter la tente ici, ce sera peut-être mieux en automne. Sûr qu’à cette période de l’année, les arbres se parent de soieries grenat et vermeille, on donnerait cher pour voir ça. D’autant que le cirque de Navacelles n’est pas très loin. Nous verrons quand l’occasion se présentera. Ce n’est qu’une question de temps. En attendant, je savoure l’idée qu’il existe un coin de nature sauvage et préservé où on peut avoir la paix même au cœur de l’été…

 

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