
Sur le pont du ferry, nous trépignons d’impatience, les yeux rivés sur l’horizon. La mer de Tasman semble endormie sous un soleil brûlant, dans un ciel sans nuages, tandis que notre petit club de géographes sauvages, ne comptant à ce jour que deux membres, dérive nonchalamment sur les flots indigo. Et l’évènement que tous attendaient advient: Terre en vue! Voilà que l’on devine la ligne ondulatoires des côtes de cape Jackson. La conquête de ce nouveau territoire (conquête pacifique, il va de soi) nous mènera au cœur de l’île de Jade, la grande sœur jumelle de l’île du nord (l’île qui fume), enfin sur l’île du sud comme on la nomme sobrement.
L’arrivée sur Picton est pour nous un grand bonheur, un de ces moments mémorables qui vous font rêver grand. L’océan floute les limites du monde (le bien nommé plancher des vaches) et n’a plus cette texture visqueuse et menaçante de la veille, mais au contraire une teinte saphir aux écumes de jade et de nacre. En devinant les contours dentelés de la côte de Marlborough, j’ai la sensation qu’un nouveau voyage commence.
Malborough-Queen Charlotte Sound


Les routes étroites de Queen Charlotte Sound sinuent à travers les pins. Nous avons rapidement tourné le dos à Picton, (erreur que nous réparerons un mois plus tard), pour nous emparer d’un arrière-pays tout en nuances. Le temps venteux de Wellington semble loin; ici le soleil brille et tape fort. Un dédale de vallées inondées et de péninsules nous entraîne et nous égare. Hélas, la route du Mont Stokes fermée, nous devons improviser une marche dans la direction d’Ohanau lookout. Petite grimpette dans la pampa et gros coup de chaud pour nous deux!

En effet, soit l’été commence à peine soit le climat de la région de Malborough est beaucoup plus torride. Les vues imprenables sur la baie de Queen Charlotte Sound se multiplient sur les deux versants du sentier.

Un régal pour les yeux… Surtout qu’il n’y a presque personne! Envie de piquer une tête une fois redescendus.

La marée rejette des rondins sur la berge: Ici, en tout cas, ils ne manqueront pas de petit bois pour passer l’hiver!


Une fois revenus au niveau de la mer, celle-ci est si basse qu’elle semble reculer devant nous à chaque pas
Havelock-Waterfalls Track

Ainsi concluons nous cette belle journée, débutée par trois heures de traversée en Ferry. Cette courte mais intense marche en forêt, sur les hauteurs de Havelock où nous venons d’établir notre campement, nous inspire beaucoup. Allant de cascades en cascades, la progression sur terrain scabreux préfigure le Para-Para Peak

Pour l’anecdote, j’ai manqué de peu de noyer mon téléphone en sautant de pierres en pierres

Parfois on confondrait presque la mer avec de grands lacs ou étendues d’eau douce, et ces baies étroites avec de majestueux plans d’eau. De rares effluves iodées viennent nous démentir. Une chose nous étonne: En dépit de la chaleur, toujours aucun baigneur en vue. Un restaurant de moules tape dans l’œil de Najate. Les meilleurs moules du monde parait il. On se promet d’y revenir le mois prochain, pour en avoir le cœur net.

Le paisible port de mouillage d’Havelock fut un bon point de chute. Nous y avons passé une nuit tranquille.

Après un rapide ravitaillement, nous prenons un peu de hauteur et rejoignons le Cullen Point, juste au-dessus de la baie d’Havelock. D’où l’on peut constater ce que l’on savait déjà: La région est magnifique! Le mouvement perpétuel des marées altère le paysage selon l’heure à laquelle on arrive. Sur celle-ci, il devait être huit-heure du matin et, contrairement aux apparences, c’était marée haute.

C’est l’heure de pointe, le détroit est emprunté par de petites vedettes. Pas l’autoroute non plus!
Abel Tasman Coastal Track-Coquille Bay

Passons directement à 16h et des poussières. La marée, déjà très basse, continue de descendre jusqu’à environ 19h. Nous sommes arrivés à l’entrée du parc national d’Abel Tasman, l’un des plus célèbres du pays. Bien sûr, entretemps, nous avons fait pas mal de choses. Nous avons visité la ville de Nelson avec une grande curiosité, Naj est allée courir, pendant que moi, j’explorais les environs. Le temps s’est rapidement gâté, nous avons eu droit à une averse orageuse; mes chaussures, que j’avais laissé sécher comme chaque fois à côté du van, ont été emportées dans la rivière voisine, où nous les avons heureusement retrouvées. Nous avons repris la route dans la direction de Mapua et de la Ruby Bay (photo 1). Le temps ne se s’est pas forcément arrangé, dans les heures qui ont suivi. Et puis ça s’est levé, presque d’un coup, à notre arrivée sur Marahau, point de départ de l’Abel Tasman coastal Track (photo 2).


L’amorce de cette fameuse great walk est de toute beauté à marée basse. Lorsque nous la referons plus tard, à marée haute, elle nous paraîtra plus quelconque.

Les plages s’enchaînent, toutes désertées. C’est incompréhensible, mais on ne voit jamais de baigneurs par ici. C’est sans doute lié aux courants, ou aux méduses, déduit on. La beauté sereine des lieux agit en ce sens comme un supplice de Tantale.

Il est tout aussi difficile de résister à la baignade que de s’arracher d’ici avant que la marée ne remonte. Nous sommes en effet sortis à notre insu du sentier côtier pour nous hasarder sur de longues plages désertes au-delà de Coquille bay.



Ce fut à coup sûr l’une des plus belles promenades côtières qu’il m’ait été donné d’arpenter… Mais mon petit doigt me dit qu’il y en aura d’autres.

Le jour cède à la nuit. Nous garons notre véhicule sur un petit parking situé en bord de route sur la colline de Takaka hill. L’atmosphère demeure calme. Il faudra une bonne nuit de sommeil pour affronter la marche qui va suivre. Parce que le lendemain, à l’aube, nous nous lancerons dans une randonnée qui nous restera longtemps en mémoire. Le pic du Para-Para (dûment rebaptisé le Para-Paralympique).
Para Para Peak track

Peu après l’aube, nous émergeons et prenons le temps de nous réchauffer un petit café à la gazinière, sous les supplications d’une poule sauvage (Talève Sultane). Le point de vue de Takaka Hill nous décolle joliment les paupières.

Vers le Parc national de Nelson Lake, le paysage s’étire doucement du haut du mirador où nous avons passé la nuit.

Jusqu’ici nous n’avons qu’à peine affronté le « mur vert ». Tout n’a été finalement qu’une promenade de santé. Je ne sais plus très bien où je suis allé la dénicher ni dans quel recoin de ma cervelle a pu germer l’idée d’aller se frotter au pic du Para-Para. Je ne sais pas bien non plus qui peut conseiller un truc pareil, mais on devrait résumer la chose ainsi: Un traitement de choc pour marcheur Cartésien, ou un remède de cheval pour « control freak ». Où voyez-vous un chemin? Il n’y a pas de chemin!

Toutes les difficultés qu’une randonnée peut vous offrir s’y rencontrent: Le sol n’est jamais droit (bien-sûr) ni visible (c’est naturel). On marche littéralement dans une rivière sauvage sur un kilomètre. Quantité de racines, de lianes et de boue compliquent la progression. La pente, peu à peu, se fait abrupte, très abrupte (75° à son maximum). L’orientation n’est pas simple étant donné l’invisibilité croissante du sentier. Et bref, les 18kms aller-retour en paraissent le double! Somme toute, une rando noire, requérant une attention de tous les instants, et sur laquelle, cela va de soi, nous ne croiserons pas âme qui vive.

1600m de crapahut (D+ et -) dans la forêt vierge, le genre de marche qui interroge votre passion autant qu’elle l’apostrophe. Dans le genre: « Jusqu’où êtes-vous prêts à aller? » Est-ce une sorte de test? De jeux olympiques du « tramper »? Avec la médaille d’or du plus obstiné à la clef? En tout cas, nous l’avons bouclé. Et à la fin, en guise de médaille, nous avons laissé un petit mot (signe de vie) dans le carnet du D.O.C prévu à cet effet.

Une fois gagnée la ligne du Bush, tout s’arrange pour un moment. Ce léger répit ne vous fera pas oublier très longtemps qu’il vous faudra redescendre. Et encore, signalons à ce sujet que les conditions météo nous furent très favorables. Peu de vent là-haut, pas de précipitation. C’était somme toute le jour idéal pour le Para-Para!

Telle une métaphore de l’existence humaine: On s’entortille, on rampe comme des mutants entre les troncs effondrés au milieu du gué. Ensuite, le sentier disparaît dans les hautes herbes et le bois pourri, on serpente entre les troncs couchés et les lianes, avant de pénétrer la haute forêt lépreuse d’eucalyptus centenaires. Il est rare de traverser des lieux aussi étranges, où aucun tronc ne semble droit, où la nature entière semble plongée dans une hallucination. Notre errance oblique sur l’épaule du pic fut une sorte de long frisson.


Et en même temps, que ce fut intense et splendide. Aucune photo ne peut rendre ce genre d’aventures en forêt: On n’a clairement pas la tête à faire de beaux clichés. Une sorte d’énergie vitale affleure, afférente à l’instinct de survie, et vous déborde en permanence, bien que vous n’ayez aucune frayeur en vous. Je n’avais jamais encore vu autant de troncs couchés. Il y en avait par centaines, aussi se demandait on, quand d’aventure il se passait vingt-mètres sans avoir à lever la jambe, comment diable ces damnés arbres faisaient pour se tenir debout… Para-Para défiait notre volonté de toutes les manières possibles; en s’amusant à dédoubler la sente dans des directions improbables, pour mieux égarer l’imprudent. Mais il y avait une autre condition, qui n’était pas des moindres: l’indomptable beauté des lieux. Cette magie, cette sorcellerie vous en fait voir de toutes les couleurs; elle vous fait avaler des toiles d’araignées, elle vous pique les bras et les jambes au sang, vous détruit le moral: Quelque chose vous pousse en avant. Vous voulez en voir plus. C’est ce qui m’a rendu cette marche si exaltante du début à la fin, mais il n’en fut pas de même pour Najate. Après un démarrage tonitruant, son énergie a décliné. Ce fut une longue et courageuse descente pour elle, dont elle ne sortit pas indemne. Le lendemain, un mal mystérieux s’emparait d’elle, sorte de léthargie entrecoupée de nausées. Le niveau de concentration était tel qu’il nous fallu huit heures trente pour parcourir 18km. Jamais encore nous n’avions descendu aussi lentement !

Le lendemain, tout fut plus calme et reposant. Naj a bien dormi. Nous sommes retournés une seconde fois au parking de Takaka Hill, parce que c’était plus commode et qu’à l’idée de chercher autre chose, on s’est mis tous les deux à bailler bruyamment.
Nelson Lakes
On arrive en début de mâtinée dans la petite ville de Saint-Arnaud, située sur le lac du même nom. L’endroit est calme; les canotiers s’agitent mollement. Un vent frais nous saisit dès qu’on sort de la voiture. Le climat est montagnard, impossible de s’y méprendre!

Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir fiche aujourd’hui? me dis-je. Et en même temps, Naj n’a pas très bien récupéré de la veille. Bon an mal an, elle suit quand même le mouvement sur les arêtes du Mont Robert. Ce bon vieux Bebert n’a pas été élevé au rang de personnalité morale, alors il tire un peu la tronche. On ne lui trouve pas les qualités qu’on attendait de lui. Pour être tout à fait honnête, on se fait un peu chier avec Bébert.

Pourtant c’est joli comme tout, mais il faut comprendre qu’après le Para-para, nous sommes comme envoûtés, ensorcelés. Le mur vert nous a assujetti, et il nous tient sous son emprise. Comment un paysage si paisible et ordonné pourrait espérer nous désenvoûter?

De passage dans la réserve de l’Upper Buller

En marge du lac Brunner, après un bref pique-nique, on se promène dans le coin, plutôt charmés
Arthur’s pass

Après quelques heures de route, nous gagnons les cols d’Arthur pass et entamons, sans trop y croire faute de temps, la rando de Temple Basin. Clairement une marche à retenter, tant elle semblait chouette…

Il est déjà plus de 17h, par conséquent nous redescendons assez vite… D’autant que le ciel pèse lourd sur nos têtes…
Devils Punchbowl

En fin d’après-midi, sous un ciel chargé, nous découvrons la cascade de Devil’s Punchbowl. Vous allez me dire, avec un nom pareil, valait mieux qu’elle envoie du lourd! Et ça tombe bien, elle a un punch d’enfer!

On pourrait croire que la journée s’est achevée comme ça, après que Zeus ait renversé son encrier. Or, il n’en fut rien.

Une tempête se prépare. En marge d’une antique voie ferrée, sur un terrain vague hérissé d’objets étranges, le moteur d’une dernière caravane s’est tu. Je sors dans le vent glacial remplir un bidon, et croise notre hôte en ciré, tout à fait hors-de-lui, haletant et exalté. Le type, soit dit en passant, est complètement zinzin. Sa maison s’est changée peu à peu en musée du kitch, de toutes les inventions humaines, avec une petite touche « Seigneur des Anneaux ». Tout à l’heure, il nous a joué du piano sans les mains, mais maintenant, son humeur a changé; il est redevenu réaliste (comme les kiwis savent le faire) et il m’annonce d’entrée que le chaos est proche. L’an dernier, toutes les caravanes ont valsé comme dans un billard Nicolas. Tout en me brossant les dents, je grogne et lui affiche une grimace incrédule, un peu ahuri par cette affirmation. Il m’invite à le suivre; nous retendons ensemble la toile d’une diligence de western qu’il garde Dieu sait pourquoi. En échange de quoi, il me raconte sa vie récente, m’avise de ses conflits de voisinage, mais ce sont ses mains qui m’en disent le plus long (il lui manque quelques doigts), puis à brûle pourpoint, il me remercie et m’autorise à aller me coucher.

Avalanche Peak promettait d’être notre première ascension alpine, mais le temps fait encore des siennes. Aussi décidons-nous d’improviser de courtes marches dans le coin, histoire de découvrir les environs de Bridal Veil. Nous empruntons d’abord le sentier Arthur Pass Walking Track, traversant plusieurs petits torrents. Malgré la pluie, la sente ne glisse plus; nul bourbier n’entrave la progression. On bénéficie d’un abri forestier composé de podocarpes, de Douglas et de cyprès, mais aussi de hêtres, très présents dans la région.

Cave Stream Reserve

Exploration d’une rivière souterraine aux confins d’Arthur Pass

Au gré des humeurs de la Waimakariri river, on s’enfonce dans ses cavernes avec plus ou moins d’appétit: En raison des fortes précipitations de la veille, nous ne nous sommes pas aventurés plus loin.

Aux paysages lunaires d’Arthur Pass succèdent de vastes étendues de plaines, semées de flax. Nous cheminons vers les grands lacs du centre, sous les brumes lardées d’averses. En chemin, nous faisons halte à une station service, où nous rencontrons une employée Française, originaire de Laval, qui nous raconte son expatriation. 9 ans de Nouvelle-Zélande, et elle vient à peine d’obtenir la nationalité. On l’imagine réciter un texte en Maori, avec conviction, devant un jury de technocrates encravatés; on se quitte en riant.
Tekapo lake

Des souches biscornues surnagent à la surface du lac


Une belle sérénité s’exhale de la région. La fin du jour est proche



Si la nature Néo-Zélandaise peut sidérer à ce point, c’est largement dû à la lumière, à l’absolue pureté céleste. Celle du lac Tekapo est proprement irréelle et s’impose comme un phénomène nouveau pour l’oeil. C’est comme regarder à travers un cristal, observer le monde à partir d’une pellicule translucide. Le mont John abrite d’ailleurs un observatoire astronomique.

Après le temps chagrin de la veille, c’est un moment magique de retrouvailles avec le soleil
Mont John Summit Circuit Track: Promontoire sur le lac et les Alpes du Sud


Nous traversons de vastes pâturages arides, ouvrant un large balcon sur les Alpes du sud

C’est finalement une courte marche, 5 ou 6kms à peine, sans difficulté, offrant une kyrielle de points de vue sur le lac. De ce fait, on craignait qu’il y ait du monde; le camping était plein, les routes plus encombrées qu’à l’habitude. Et bien non, personne ou presque! Côté piétons du moins! Par la route, on peut aussi atteindre le sommet en dix minutes à partir de lake Tekapo. Une petite foule de poseurs là-haut pousse à l’esquive.

Marcher dans la vallée Duncan exige d’ouvrir un portail au bord de la route.

On flotte sur le Mont John, intrigués par la couleur de l’eau. Je me baigne dans le lac Tekapo, sous la chaleur du midi, alors que de lourds nuages s’amoncellent. A 10°, je n’y reste pas longtemps. Nous tournons le dos au lac, direction Queenstown


On se rapproche du Mont Cook/Aoraki, point culminant du pays


Le Seigneur de Nouvelle-Zélande sous son blanc vison
Mueller Hut: Fin de semaine épique

Ces immenses lacs glaciaires changent de couleur selon l’altitude d’où on les voit

Dans celui-ci, se reflètent les glaciers du Mont Sealy et Sefton


La végétation tropicale a laissé place à des paysages haute-montagne à décrocher la mâchoire. Les glaciers sont somptueux, presque à portée de bâton, écharpés dans cet étrange strato-nimbus.


Les vues du Muller Hut

Nous redescendons en compagnie d’un sympathique Allemand, euphorisés par cette randonnée spectaculaire. La sortie nous a captivée. Il n’est pas question de quitter le parc dès demain!


Bien qu’on ne randonne pas encore assez à notre goût, on peut dire que notre intérêt va croissant. Le Para Para Peak (P.P.P), le sentier côtier d’Abel Tasman, et surtout les divers aspects du parc naturel Mont Cook/Aoraki, font monter la température. Accessible au plus grand nombre, le Muller Hut Track s’apparente pour nous à la rando parfaite: Immersive dès son prélude, s’élevant à feu doux dans les branles verts, les panoramas offrent tout ce que l’on peut désirer à cette altitude: Lacs multicolores, sommets enneigés, glacier. Les lacs Tekapo et Pukaki sertissent les Alpes, leur conférant un surcroît de prestance. On a parfois l’impression d’aller trop vite et de survoler le pays, mais justement, n’est-t-il pas temps de ralentir pour profiter des lieux? Pour honorer cette résolution, nous passons plusieurs nuits dans le même camping…

Il faut dire qu’avec un site pareil pour planter sa tente, on ne rechigne pas à stagner sur place…

Sur ce cliché, on se rend facilement compte d’un point qui stupéfie le voyageur, habitué à une progressivité des environnements. Ce point, distinguant radicalement la Nouvelle-Zélande des autres îles volcaniques que nous avons vu, concerne la notion d’étages alpins. Ici, on passe subitement d’une forêt humide et dense à un glacier solidement cramponné à l’ubac, d’une crête montagneuse à la ligne du bush, d’une plage de sable fin à une jungle. Les intervalles ainsi raccourcis, le pas semble à reconsidérer en tant qu’unité de mesure. Un pas équivaudrait ici à 3 ou 4 pas sur notre vieux continent…



