Partir en automne devient une douce habitude. Bien sûr un peu risquée, chaque jour recelant sa propre atmosphère et ses augures d’hiver; mais pour qui ne craint les changements brusques, les fronts d’air froid et les contrastes, c’est de loin la plus belle saison. Entre ce que l’on espère pouvoir faire et ce que l’on fait réellement, se glisse la contingence. On fera ce qu’on pourra, conclut t-on dans la voiture, par 24° dans la région Lyonnaise. Les prévisions sont, comment dire? catastrophiques. Meteo France nous promet des vents à 80 et des températures inférieures à -10 dans la vallée de Rhème-Notre-Dame. Mais commençons par le commencement: Le Ruitor, les lacs Bellacomba puis le col du Tachuy, où nous revenons après 15 mois, tant la zone nous avait plu. Puis Aoste, Tza De Tzan, le Mont Avic, le Mont Glacier, le Vallon de Valnontey, les lacs de Lussert et le lac de Loie, dessinent une palette idéale, une partition prometteuse. Reste à savoir si une si belle partition accouchera d’une belle symphonie.

Curieuse région que la Val D’Aoste. Plus Française qu’Italienne malgré la prégnance des vestiges antiques, on y trouve une kyrielle de châteaux, de toute époque et de tout style. Certains en auraient même de petits airs de châteaux Ecossais (Fenis) ou Bavarois (Savoy). Bref, on se sent vraiment ailleurs! D’autant qu’on parle non seulement le Français et l’Italien, mais aussi le Franco-Provençal, ou l’Arpitan, parlé entre la Suisse, l’Italie et la France, puis encore le patois local des Walser. Quelles surprises nous réservera ce séjour d’une semaine dans la région la moins densément peuplée d’Italie?

La veille, après 8h de route, on s’est retrouvé dans un hôtel au fonctionnement bien hasardeux, avec des portes qui ne ferment pas et des murs de papier. Vers une heure du matin, un concert privé de rap hardcore nous réveille en sursaut: Les pieds du lit tremblent, c’est peut-être le fils du gérant qui finit ses fonds de bouteille. En tout cas, on met des plombes à refermer les yeux (et les oreilles!). L’état de forme du lendemain s’en ressentira.

Coup d’oeil au col du Petit Saint-Bernard, frontière naturelle. Une semaine plus tard, il aura changé de peau, se sera couvert de plumes blanches.

On débute l’ascension du Ruitor au parking de la Joux, dans des tons automnaux bien marqués, cette fois à destination des lacs Bellacomba et du col de Tachuy. Clairement nos attentes sont élevées: La griserie de la découverte nous fera-t-elle tomber des yeux les écailles qui s’y accrochent? J’ai souvent parlé des cascades du Ruitor comme de l’une des plus belles randonnées des Alpes, c’est à dire du monde, et il me tarde de revoir certains lieux si puissamment évocateurs, comme ce haut plateau d’altitude sous le Tachuy. Suggestivo, comme disent les Valdotains.

La marche matinale se déroule à l’ombre d’une forêt de pins, odorante et tranquille, quoique ébréchée de cascades. Les souvenirs d’août dernier me remontent à l’esprit, et je me rends compte me rappeler à la perfection de chaque étape de l’itinéraire.

Arrivés à la dernière cascade- officiellement du moins- nous quittons l’Alta Via 2 « Tour du Grand Paradis » pour une raide montée vers Bellacomba

C’est peut-être l’âge, mais on refait de plus en plus souvent les ballades de l’an dernier. Faut dire qu’après le Maelifel et Raubibotn en Islande, je ne connais pas de plus beau chemin que l’ascension du Ruitor.

Vue d’en haut, le saut supérieur du Ruitor, avant le changement de cotation: De E (escursioni) nous passons à EE (Expert)

La vue s’élargit, le Mont Blanc apparaît…

Encore une petite chute anecdotique…

Najate se sent très affaiblie: On commence à songer à une intoxication alimentaire. Du coup, on progresse très lentement, partagés entre inquiétude et émerveillement. Peut-être va-t-on devoir revoir nos objectifs à la baisse? Au moins, espérons qu’elle puisse profiter du cadre magnifique dans ce décor grandiose de la chaîne du Mont Blanc.

Une fois sur le plateau, le sentier s’élève plus doucement et je prie pour que Najate se reprenne…


Hélas, tel n’est pas le cas, et nous sommes déjà à mi-chemin par rapport au Tachuy. Je décide alors d’explorer seul les lacs Bellacomba à très vive allure, le temps que Najate reprenne des forces. Elle s’allonge dans l’herbe et tente de s’endormir à 2400m.

Le premier lac paraît flotter au-dessus d’un chaos minéral

Les lacs Bellacomba baignent dans une sérénité absolue: Au même moment, le pays tout entier est livré au pillage; des bandes encagoulées brisent vitrines et mobiliers urbains pour faire entendre leur critique du Capital. On peut se sentir un peu honteux ou futiles de « fuir » ainsi dans les alpages, mais nous ne ferons jamais peuple avec ces gens, tenter de les raisonner serait inutile, aussi discipliner son esprit au contact de la nature nous paraît bien préférable. Encore qu’à cet instant, nous n’ayons pas conscience des razzias orchestrées partout dans les grandes villes de France.

Le majestueux Mont Blanc regarde les hommes tomber





On aime passionnément ce versant Italien, balcon intime sur la chaîne du Mont Blanc, beaucoup plus discret que le fameux TMB. Il est grand temps de découvrir d’autres vallées, plus loin en Italie: Notamment, le Val de Cogne, le Parc du Mont Avic et la vallée de Champorcher. A voir si le temps nous en laissera le temps.


Dimanche 18 octobre, nous visitons Aoste de bon matin. Les rues sont encore calmes avant le coup de feu de 10h, nous flânons dans la Rome des Alpes et consacrons quelques heures à la visite du théâtre Romain, de la cathédrale et de la Porte Prétorienne. Le cryptoportique attendra.

Nous retrouverons les œuvres de cet artiste à divers endroit du Val d’Aoste. Notamment à Cogne.

Après avoir réussi à convaincre un sympathique restaurateur de nous servir un peu avant midi – en effet, la faim nous tenaillait – nous nous rendons à la cascade du Lenteney. Attention, la géolocalisation de celle-ci semble avoir connu un problème: Le GPS a bien failli nous envoyer à contre sens.

Cette beauté quelque peu à sec se remarque de la route, à condition d’avoir choisi la nationale plutôt que l’autoroute (hors de prix). Contrairement à une idée reçue, l’automne n’est pas, et loin s’en faut, la saison idéale pour les cascades. Celles qui dépendent de l’eau des glaciers sont bien plus imposantes en été.

On vous dira pourtant, à propos de Lenteney, qu’elle est en eau toute l’année. On vous dira aussi qu’il existe des sirènes, des dragons et des licornes…

Les châteaux Valdotains, quant à eux, s’accrochent bel et bien aux pentes de cette vallée, d’intérêt stratégique depuis les rois de Savoie. Celui de Fenis est d’une élégante robustesse, dans son écrin de verdure, au milieu d’un village somnolent.

Sa visite ne saurait s’envisager en solo: Hélas, l’usage d’un guide n’est point négociable dans le Val d’Aoste. D’autant plus tracassant qu’il ne s’exprime qu’en Italien.


Profitant d’une étroite fenêtre météo, nous allons marcher dans les vignes mûres, à la rencontre du paysage « moyen ».

La magnifique cascade d’Isolaz n’a aucun défaut de croissance en automne, étant alimentée par les glaciers du Mont Rose

Partout dans la région, les Italiens ont bâti de ces masures incongrues, parfois au milieu de nulle part, pour des motifs le plus souvent oubliés. Cette baraque là, par exemple, ne fait plus aucun sens, bien qu’une porte donnant sur un saut de 50m soit du plus bel effet!

Une journée très humide, sous des cieux plombés, mais qui nous a permis tout de même de visiter Aoste (au galop), de découvrir la célèbre cascade du Lenteney, hélas presque à sec, d’aller faire un tour au château de Fenis, puis enfin d’admirer la cascade d’Isolaz, alimentée par les glaciers du Mont Rose. On ne va pas se plaindre, ce n’était pas si mal… Sachant qu’il a plu les trois quart du temps.

Le lendemain, cap sur le Mont Avic! Il fait toujours moche. Pourtant, il s’agit peut-être de l’unique ouverture de la semaine pour lancer une longue marche. Quelquefois, on a le petit doigt qui se prend pour le majeur. Les nuages bas ne récusent ni mon entrain ni mon flair d’orpailleur; car le pressentiment d’une grande odyssée, d’une aventure sauvage, me tient en haleine sans explication, l’impression que rien ne pourra m’atteindre, que la brume froide ne nous rattrapera pas.

Et pourtant, Dieu sait qu’elle essaya, qu’elle nous suivit partout, qu’elle nous courut après, remontant les pentes douces du versant sud, enserrant les sapins. Elle nous a talonné tout du long, n’hésitant pas à jouer avec nos nerfs, à nous égarer. Mais ce jour-là, nous ne serions pas dupes de ses maléfices!

La montée est régulière, le chemin très roulant: Il le serait moins sous la pluie. Pour l’instant, il fait sec.

Enfin, sec, pas partout

D’immenses ravins fumant nous apparaissent, puis se volatilisent derrière nous


Nous arrivons enfin, peu après onze heure, au premier lac de Champdepraz – c’est le nom de la randonnée – se faisant appelé Lac de la Servaz. Ses rives offrent l’endroit rêvé pour casser la graine. Décidément, on manque à la Suédoise

Puis la brume remonte, elle nous retrouve toujours… Par chance, nous en étions déjà au thé: Le spectacle saisissant de cette magicienne nous glisse des frissons


Il va falloir se couvrir dare-dare, le temps de finir son biscuit

Nous revoilà sur les pistes étroites et sinueuses: Car les plus beaux chemins sont rarement les plus droits


L’endroit a un petit quelque chose de Pyrénéen; j’ose la comparaison avec la vallée du Marcadau. Najate approuve du bout des lèvres.

La montée finale aux lacs du refuge de Barbustel (Lac Blanc, Lac Noir, Lac Cornu, Lac Valette) se fait par un itinéraire de plus en plus sauvage, sur des dalles de calcaires, parfois un peu glissantes. Par lumière dégagée, on devrait voir au fond la silhouette du Mont Rose, du Cervin et du Breithorn. Ce sera pour une autre fois!

En attendant, restent les lacs. Voici le Blanc, bordé de sapins bruns


Le décor devient franchement splendide. Il suffit d’enjamber un belvédère pour découvrir l’arrière-plan du lac.

Nous avons bravement semé la brume: Toutefois, ne crions pas victoire. Continuons à avancer!

Miroitements irréels, que chaque seconde altère


Le lac suivant est plus placide, bien qu’hérissé de pins. On poursuit la marche vers le Lac Cornu

La suite est du même acabit: Sauvage, calcaire, sous la menace des brumes. Il commence à bruiner

Le tableau penche un peu, notre moral ne flanche pas; plusieurs cascades jaillissent



On s’arrêtera là pour aujourd’hui, face à cette muraille intimidante

La redescente commence

En conclusion, nous n’aurons vu ni le Cervin, ni le bout du Mont Rose, ni aucune autre vedette locale susmentionnée, mais nous aurons vu plus important et effleuré de bien plus grandes choses: D’abord notre résistance opiniâtre à la grisaille, à la pluie, au découragement. Nous y avons cru! Ensuite des lacs sauvages, austères, aux atmosphères galvaniques. Pour résumer, ce fut un vrai régal… Même si le retour nous parut un peu long, vu qu’il se mit à pleuvoir. Il a fallu faire attention de ne pas glisser, se tordre une cheville. C’aurait été la troisième année de suite pour ma part, et je commence à en avoir marre, aussi ai-je été particulièrement vigilent.

Il faudra impérativement revenir au Mont Avic. Une fantastique réserve qui mérite approfondissement… De retour au hameau de Covarey nous avons une pensée pour ces lacs somnolents et soyeux restés là-haut, énigme immatérielle. Nous n’aurons pas croisé un être humain de la journée

Bonne nuit les petits… On va bien dormir après cette longue excursion. Une paye qu’on avait pas dépassé les 40 000 pas en haute-montagne!

Mardi, temps pourri, on se lance à la découverte d’un patelin un peu perché. On se promène dans le village, explore un hôtel abandonné. Tout ça dans une ambiance subtropicale

Il pleut franchement des cordes sur les rizières ouvrant la longue vallée de Gressoney. On profite de la moindre accalmie pour faire trois pas dehors

Des villages clignotent dans la brume: L’ambiance nous séduit. La moindre étincelle céleste nous éblouit…


Changement d’ambiance: La pluie redoublant d’ardeur, on s’est décidé à visiter un château dans le coin. Notre choix s’est porté sur le château Savoy, demeure de la reine Marguerite. Il n’est pas très ancien; de style éclectique, on est surpris d’y voir des téléphones vintage, des radiateurs, etc…

La visite est plutôt sympa ceci dit; les audioguides rendus inutiles par le babil de notre Amphitryon finissent rapidement par nous lasser


La vallée de Gressoney regorge de cascades: Après avoir vainement cherché la cascade de Loo, barrée par une propriété privée, puis effleuré de près celle de l’Underwald, on tombe par hasard sur cette chute furieuse, ignorée des guides et des cartes, et dont on ne saurait deviner le nom. Elle se trouve sur les hauteurs de la chapelle de Saint Valentin, dans la petite commune de Praz

Mais, faute à un véritable déluge, la balade tourne court: Le robinet fuit, on enjambe les alluvions, on patauge; les pentes ruissellent de boue. Toute marche sérieuse apparaît compromise. Ce sera tout pour aujourd’hui!

Ce fut une incursion furtive (et moite) dans le domaine du Mont Rose, pays des Walser d’origine germanique. Les nombreux villages que nous avons traversé nous ont paru jolis, mais la plupart des auberges sont fermées en octobre: Résultat, on rentre là où on voit de la lumière!

Le lendemain, ça ne part pas tellement mieux. On se demande vraiment si nos impulsions pédestres ne vont pas périr noyées… Alors, de guerre lasse, on part visiter un second château, celui d’Issogne, hélas fermé pour travaux. Enfin, hélas… La cascade du village (chaque village en a une) elle, reste ouverte: Sa beauté anonyme nous envoûte, nous console de tout

Après concertation, en dépit d’une météo pluvieuse voire tempêtueuse, on se décide à explorer la vallée de Champorcher,

Et avec ce qu’il est tombé ces trois derniers jours, les torrents sont en crue. Comme on dit chez nous, l’eau a coulé sous les ponts en sifflant dans les troncs.

La promenade démarre au village de Pont Bosset (élu village le plus vertueux d’Italie en 2025). Puisse cette vertu nous éclabousser!

On ne sait pas encore très bien à ce stade si nous effectuons la rando des cinq ponts on celle du gouffre de Ratus, mais quel spectacle!

L’eau manquait jusque-là, on pense aux chutes du Lenteney, mais ce matin, notre humeur serait plutôt « chantons sous la pluie »

On passe de la sidération à la contemplation. Car on a beau pratiquer depuis longtemps ces sorties à fleur d’eau, on ne s’habitue jamais à ça…

L’écume nous emballe, nous auréole presque. On ne saurait même plus dire si il pleut.

Après le gouffre de Ratus, nous revoilà au cœur du hameau de Pont Bosset, superbe village au pont d’une élégance robuste.


Quelle joie d’avoir pu randonner dans cette vallée de Champorcher, par ces conditions diluviennes. Ca nous a rappelé Glymur en Islande!

Maintenant, il nous faut reprendre la route: Cap sur Cogne et le célèbre Val de Cogne qu’on brûle de découvrir.

L’eau ruisselle de toute part à présent: Il est probable qu’il neige là-haut!

Allez, une petite marche nous fera du bien. On part vers 16h30 à l’assaut du vallon du Valnontey, sous un ciel dégagé!



Et nous voilà servis. Après cinq jours de pluie, on déguste un peu de neige

Un chamois puis deux puis trois… Puis trente! On ne fait que passer, ne vous dérangez pas pour nous!

Les montagnes du Grand Paradis où nous marcherons demain.

On retrouve nos « amis » chamois sur les crêtes, aux abords de vieux chalets en ruine.

Chalets que voici. On s’étonne du nombre élevé de constructions sur les hauteurs du Val d’Aoste. Qu’elles soient pastorales, militaires, religieuses ou minières.

Jeudi, un sursis nous est offert. Une journée radieuse s’annonce!

Premier coup d’œil sur les cascades de Lillaz que nous retrouverons au terme de la boucle


La montée au Lac de Loie débute tambour battant


Le paysage évolue constamment: on laisse les mélèzes bordant le torrent d’Urtier pour s’engager sur un plateau herbeux, servant de cadre au paisible hameau de Bouc

Les Alpages des Goilles sont d’une douceur infinie. On ralentit le pas.

Après une longue mais régulière grimpette dans les sapins, on débouche sur un vallon soyeux, s’achevant sur une cascade de glace

A partir de là, la marche devient éblouissante… On a l’impression d’évoluer dans un rêve. D’autant que le beau temps s’est fait attendre…


On s’élève doucement vers le vallon de Bardoney

Alors que le Mercure dépasse à peine le zéro, il ferait presque doux par ici.



La plus belle journée de la semaine nous emporte dans un maelstrom de splendeurs, qui n’est pas prêt de s’arrêter…

Car à présent, il est temps de regarder ce qui se trouve à nos pieds

Plongée dans l’infiniment petit

L’étrangeté de toutes ces visions m’enivre légèrement, j’ai l’impression d’avoir été invité à un expo dont je ne comprends ni l’origine ni les visées. Est-ce de l’art extraterrestre?

Sans me vanter, je pourrais remplir tout un musée de ces incroyables sculptures éphémères, que seul le photogramme peut capturer…

Combien de temps ai-je erré dans ces galeries de fééries abstraites?

Et voilà d’où vient cette cohortes de chimères et créatures givrées…

Bref, les amateurs de Jérôme Bosch apprécieront

On bascule côté Cogne, face au Mont Blanc. Avec tout ça, on en aurait presque oublié le lac…

On amorce la descente

Au début, le lac de Loie nous décevrait presque

Et puis, à y bien regarder…



Nuances de bleu. Azur, indigo, cyan, céruléen…

Et le miroir tremblé du cobalt

Quand l’automne dévoile ses trésors, on ne regrette plus d’avoir rongé son frein. Comme tout ce qui est rare a un prix relevé, on vit l’instant avec plus d’intensité

Une rude descente nous attend, éprouvante pour les genoux. On comprend mieux pourquoi l’itinéraire était proposé en sens inverse!

Dans un décor idyllique

Cette symphonie parfaite ne pouvait mieux finir qu’avec les cascades de Lillaz
Un tel épilogue nous aura laissé une impression magistrale. Aucun névé, peu de neige en altitude, peu ou pas de vent. Températures très douces jusqu’au jeudi 22. Puis arrivée brutale du froid, et chutes de neiges soutenues le lendemain. Nous sommes partis juste à temps, avant la bascule. Un jour de plus et nous n’aurions même pas pu franchir la frontière séparant nos deux pays. La traversée du col du petit Saint-Bernard restera longtemps dans nos mémoires. Une tempête de neige nous y accueillit, et les routes verglacées nous causèrent bien des frayeurs.

Mon cousin, aujourd’hui disparu, avait l’habitude de dire, lui qui taquinait les pentes du Viso, que rien dans les Alpes Françaises n’égalait la sauvagerie des Alpes Italiennes. Les années passant, connaissant les Dolomites, les Alpes Grées, ainsi qu’une infime partie du Piémont, je ne peux qu’abonder dans son sens. Nous n’avons croisé strictement personne sur plusieurs jours dans ces profondes vallées, aux ravins intimidant. Ni à Cogne ni au Mont Avic. L’automne effarouche. Nous l’aimons aussi pour ça.



